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» Billets d’Afrique » 154 - 164 (année 2007) » 156 - Mars 2007 » Congo Brazzaville : Ils ont dit : Françafrique
 
 

Congo Brazzaville : Ils ont dit : Françafrique

 

« Ils vous traquent partout. Ils sont allés jusqu’à se procurer, à deux reprises en 2006, vos notes d’hôtel du Waldorf Astoria de New York, lesquelles ont été publiées dans la presse britannique sous des titres ravageurs…
– Nous ne volons rien à personne. […] Si nous mangeons du caviar et que nous buvons du champagne, où est leur problème ? […] À la limite, seuls les Congolais pourraient nous en faire la remarque, mais ils ne le font pas. […] Comme les présidents Bush, Kabila et bien d’autres chefs d’État, le président du Congo, président en exercice de l’UA, a fréquenté en 2006 le Waldorf Astoria. Cela les gêne qu’un africain y descende ? […] Et je n’ai pas à m’excuser d’aller au Crillon, au Meurice, au Bristol, au Plazza Athénée ou au Georges V quand je vais à Paris. Ce serait un comble. »
(Dialogue entre François Soudan et Denis Sassou Nguesso, respectivement rédacteur en chef de Jeune Afrique et président du Congo Brazzaville, Jeune Afrique du 25/02).

Le journal britannique The Sunday Times du 7 janvier 2007 a consacré un article aux dépenses somptuaires de Sassou Nguesso en frais d’hôtel. Lui-même et sa délégation avaient dépensé 201 millions FCFA lors de leur visite aux USA en début 2006. Lors de sa visite de septembre dernier à New York 126,5 millions FCFA ont été dépensés en cinq nuits pour les 44 chambres occupées par les membres du clan.

Il est évident que le président d’un pays de 3 millions d’habitants, où 70 % de la population vivent avec moins de un dollar par jour, soit environ 450 Fcfa, avec un revenu par habitant de l’ordre de 700 dollars par an, se comporte en voleur quand il fait de telles dépenses. Les chiffres parlent d’eux- mêmes. Les Congolais voyant à y redire se retrouvent en prison. Se comparer à Bush c’est aussi faire un délire de grandeur, visible également quand Sassou parle de lui à la troisième personne. En plus il a un complexe d’infériorité manifeste, qui explique l’appétence pour le luxe, seul capable de faire de lui quelqu’un. On ne lui reconnaîtra qu’une compétence qui rivalise avec le guide Michelin dans la connaissance de l’hôtellerie de luxe. Il pourra toujours se reconvertir en tour operator le moment venu. Aujourd’hui, il ne préside plus l’UA, c’est déjà ça…

Odile Tobner

 
 

 
 
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