jeudi 4 décembre 2008
  • Qui sommes nous?
  • Comment utiliser ce site?
  • Télécharger au format PDF
  • Abonnements
abonnez vous
 
» Billets d’Afrique » 110 - 120 (année 2003) » 112 - Mars 2003 » Côte d’Ivoire : Après-Marcoussis
 
 

Côte d'Ivoire : Après-Marcoussis

 

Selon le gouvernement ivoirien, les émeutes déclenchées à Abidjan au lendemain de l’accord de Marcoussis venaient de l’annonce, par le leader de la rébellion Guillaume Soro, de l’octroi à celle-ci des ministères de la Défense et de l’Intérieur - une « provocation ».

Mais dès le départ Laurent Gbagbo a brouillé le jeu, cherchant à empêcher ou retarder la constitution d’un gouvernement où il aurait dû négocier avec d’autres des questions aussi sensibles que la nationalité, les listes électorales, les forces de sécurité. Le rééquilibrage du pouvoir convenu à Marcoussis signifiait, semble-t-il, le choix d’un Premier ministre du bord opposé : en l’occurrence Henriette Diabaté, personnalité politique modérée, n° 2 du principal parti d’opposition, le RDR d’Alassane Ouattara. Gbagbo a récusé ce choix. Préférant un Premier ministre plus neutre (Seydou Diarra), il a paru acquiescer à des compensations en termes de répartition des ministères. Mais l’ouverture était un leurre : ceux qui ont cru pouvoir s’y engouffrer ont fourni la « provocation » dont le clan présidentiel avait besoin pour lancer les casseurs.

En réalité, la stratégie de blocage de l’accord était déjà mûrie : taxer d’inconstitutionnalité ses principales dispositions. Or c’est justement la Constitution qui faisait problème, et qu’il était convenu de faire évoluer. S’il parvenait à s’imposer en garant d’une Constitution présidentialiste, Gbagbo gardait de fait tout le pouvoir, annulant ainsi les résultats de Marcoussis…

Les émeutes et manifestations à Abidjan apparaissent programmées et minutieusement organisées. Le pouvoir joue comme d’un organiste des différentes composantes de ses soutiens. La presse fournit les partitions - sur différents registres, du soigné à l’ordurier. Jusqu’au ciblage des opposants, avant le passage éventuel des escadrons de la mort. La manœuvre est “parfaite”, elle paraît maîtrisée. Sauf que le terrain est totalement instable, que le pays et la région peuvent basculer d’un moment à l’autre. Ce qui les retient encore ? L’armée française… placée dans une positon de plus en plus paradoxale.

Peu à peu arrivent les contingents ouest-africains. Le fait qu’ils aient, avec les militaires français, reçu le mandat onusien de faire appliquer Marcoussis a quelque peu changé la donne. Mais plusieurs des acteurs en présence conservent la possibilité de faire sauter la poudrière.

 
 
par Survie

 
 
Édito
  Edito Mars 2003 - Enterrons la Françafrique !
Communiqué de presse
  Côte d’Ivoire : Position commune d’Agir ici et Survie
Salves
  SALVES - Égaux ?
  Couac
  Zimbabwe : Mugabe qui cache la forêt
  Côte d’Ivoire : Criminalités cachées
  Centrafrique : Ténèbres centrafricains (suite)
  Congo-Kinshasa : L’obstiné de Kin
  Togo : 100 % Eyadema
  Congo Brazzaville : Chantage à Brazzaville
  Coup d’État aux Comores ?
  Guinée équatoriale : Cachez ce que vous touchez
  Procès Elf : Instructif Van Ruymbeke
  Angola : Rififi néogaulliste
  Comores : Rififi barbouzard
  APD : Exclus
  18 juges pour la CPI
  Blair & Co
  Gabon : Dividendi
  Irak : Bon point
  Sénégal : Fausses notes
  Rwanda : Fausses notes
Ils ont dit
  Gabon : ILS ONT DIT
  Djibouti : ILS ONT DIT
  ILS ONT DIT - Michel Rocard au Togo
  ILS ONT DIT - Côte d’Ivoire
  ILS ONT DIT - Mondialisation - Tribunal international pour les crimes économiques et sociaux.
  ILS ONT DIT - Mondialisation - Pauvreté
  ILS ONT DIT - Mondialisation - Forum social européen
  ILS ONT DIT - Santé
  ILS ONT DIT - Justice
A fleur de presse
  Congo Brazzaville : À FLEUR DE PRESSE - Françafrique
  À FLEUR DE PRESSE - Françafrique
  À FLEUR DE PRESSE - Guerre
  À FLEUR DE PRESSE